Comme beaucoup d’entre vous j’ai lu hier l’article de Libération sur la scolarisation des enfants des hôtels sociaux de Chilly-Mazarin.

  • Comme beaucoup d’entre vous le savent, c’est un sujet sur lequel je me suis engagée depuis le début de ma campagne de mai 2017, après des échanges très marquants avec les acteurs associatifs à Chilly-Mazarin, et sur lequel je vous ai fait des points d’avancées précis lors des réunions publiques mensuelles auxquelles vous participez.
  • Depuis un an, mon action a été de trouver des solutions concrètes et collectives, avec les élus de la ville de Chilly-Mazarin, les élus des villes voisines, l’aide efficace du Sous-Préfet de Palaiseau, l’ensemble des services de l’État et les responsables associatifs concernés, face à une situation humaine qui nous interpelle tous : pourquoi des enfants, quelle qu’ait été leur histoire, et quel que sera leur futur, devraient-ils être privés d’un de leurs droits premiers : apprendre, apprendre à lire, apprendre à écrire, avoir droit à une vie d’enfant loin des tumultes d’une vie qu’ils n’ont pas choisie ?
  • Cette action a consisté à…
    … agir concrètement, au plus près du terrain, pour sortir des invectives et des statistiques, circulaires, règlements et dossiers, qui rendent invisibles ces enfants qui grandissent loin de nos yeux le long des autoroutes de notre circonscription.
    … agir pour que la situation de Chilly-Mazarin soit connue et comprise par tous : citoyens, associations, acteurs locaux (sous-préfecture, préfecture, rectorat, communauté d’agglomération, maires des communes limitrophes…) et acteurs nationaux (ministères, Défenseur des Droit, Samu Social…). Car il n’y a pas de solution possible à un problème que nul ne comprend.
    … agir pour que chacun de ces acteurs puisse avoir une vision humaine et de terrain de l’enjeu, en se rendant sur place, discrètement, loin des projecteurs, en échangeant avec les familles sur leurs parcours et leurs besoins, en comprenant que certaines continuaient d’aller chaque matin dans le nord de Paris – à plus de 2 heures de transport parfois – pour y garder les places d’école obtenues lors d’un précédent hébergement d’urgence.
    … agir enfin pour passer le relais aux acteurs compétents du territoire et que les solutions soient collectives et locales, car, sans la dédouaner d’aucune de ses obligations, il faut bien reconnaître que l’enjeu dépasse largement les capacités d’accueil de la ville de Chilly-Mazarin et ses 10 petites écoles primaires (qui accueillaient près de 40 enfants en 2017, avec des dizaines qui restaient sans solution à l’époque).
  • L’engagement du rectorat, du Samu Social, des maires de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay et des services de l’Etat a permis que plusieurs dizaines d’enfants supplémentaires soient accueillis dans les écoles du territoire à la rentrée, dans les communes les plus proches possibles de ces hôtels. Il a également permis à chacun de bénéficier d’un suivi sanitaire et social dans ces écoles, que leurs familles ne soient pas relogées en cours d’année ailleurs en Ile-de-France, pour leur donner une plus grande stabilité d’apprentissage.

 

  • Ces avancées ont permis de trouver une partie de la solution, qui reste certes incomplète, imparfaite, mais qui néanmoins avance. Chaque semaine, de nouvelles solutions sont à trouver, pour les transports, pour la cantine, pour les nouvelles familles qui se présentent. Les services de l’Etat réuniront de nouveau tous les acteurs la semaine prochaine, pour regarder en détail comment résoudre les situations qui n’ont pas trouvées de solutions.
  • Ce sont des petits pas, qui rappellent l’humilité que nous, hommes et femmes politiques, devons garder face à l’ampleur de la tâche.
    Minimiser le travail collectif et porteur de solutions qui a été accompli en un an par l’ensemble des élus et acteurs concernés me semble réducteur.
    Mais ces petits pas appellent plus fortement encore à une vigilance et à une persévérance sans faille et collective, pour que le droit absolu à l’éducation ne soit pas un droit que l’on brandit en étendard, mais une réalité quotidienne.