J’ai été ravie de participer à la cérémonie de Remise des diplômes de doctorats de l’Université Paris-Saclay !

Retrouvez mon discours ci-dessous et l’ensemble des éléments sur la page dédiée :

Chers Présidents d’Universités,

Chers Directeurs et Directeurs adjoints d’écoles doctorales,

Chers futurs diplômés,

Mesdames, Messieurs, Bonjour,

Je suis extrêmement heureuse et honorée d’être présente aujourd’hui pour intervenir lors de cette remise de diplômes de doctorat de l’Université Paris-Saclay. Vous êtes 1200 à être diplômés cette année, ce sont 1200 projets de recherche, 1200 pépites d’avenir et 1200 histoires uniques. Je suis d’autant plus touchée car en tant que rapporteure spéciale du budget de la recherche j’essaie chaque jour, humblement et avec persévérance, comme vous pendant ce doctorat qui se conclut, dans mon action à l’Assemblee et sur ce Plateau de Saclay qui m’a élue députée, il y a un an, de soutenir la recherche française.

Tout d’abord, je souhaite éclaircir le contexte de la politique et de la situation française en matière de recherche.

Il ne vous est pas étranger que la France a réengagé une politique volontariste en matière de recherche, d’emploi scientifique et d’enseignement supérieur. L’enjeu étant de renforcer le rayonnement de la recherche française sur le plan international en permettant d’accroitre sa compétitivité afin de répondre aux enjeux du XXIème siècle auxquels nous sommes confrontés.

Comme je sais que vous n’êtes pas étrangers aux chiffres, je souhaite étayer mes propos par des données concrètes. Parmi les grands pays de l’OCDE, la France occupe la 5ème place mondiale pour la dépense de la recherche publique en 2015. Rapportée au PIB et en intégrant la R&D Défense, la dépense de R&D représente 0,86%, ce qui place la France au-dessus de la moyenne de l’OCDE mais en dessous des pays leaders européens et de « l’objectif de Lisbonne ».

Cette prise de conscience que la recherche et l’innovation sont les clés pour développer le savoir humain, pour créer de l’emploi et pour renforcer l’attractivité de la France sur la scène internationale est de bon augure et doit être amplifiée.

Au terme du quinquennat, le Gouvernement et la majorité se sont ainsi engagés à porter le Budget de la mission interministérielle Recherche et enseignement supérieur, qui porte l’essentiel des financements de la recherche publique, à plus de 28 milliards d’euros.

Cette progression des ressources budgétaires et extrabudgétaires consacrées à la recherche doit cependant se poursuivre au vu des niveaux d’engagements des plus grands pays européens, et s’accompagner d’une meilleure utilisation des moyens et d’un pilotage plus performant.

Mais derrière les moyens et les ressources, il y a des hommes et des femmes, qui chaque jour repoussent les frontières de notre connaissance.

Dans cette aventure humaine, nous avons besoin des meilleurs talents et nous vous devons, à vous, docteurs à l’instant diplômés, de vous garantir une meilleure considération de votre diplôme.

La Ministre Frederique Vidal a enfin obtenu que le doctorat soit reconnu au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Cela peut paraître barbare dans les termes, mais c’est essentiel dans les faits.

J’ai moi-même présenté un amendement au Budget portant sur les pratiques des entreprises pour favoriser l’embauche des docteurs issus de l’enseignement universitaire français. De plus, de nombreux corps de la haute fonction publique s’organisent pour les titulaires d’un doctorat leur permettant de prétendre à un poste dans la fonction publique.

Vous l’aurez compris, notre engagement est fort et notre mobilisation totale.

Je suis fière de prononcer ce discours dans le nouvel Amphithéâtre Michelin de CentraleSupélec, l’un des établissements fondateurs de l’Université Paris-Saclay. La fusion de deux pôles d’excellence de l’ingénierie française auprès des meilleures universités scientifiques, des meilleurs poles de recherche transdisciplinaires et de sciences humaines de notre pays est une chance pour notre enseignement supérieur, pour notre recherche et pour vous, comme signe de votre excellence auprès des employeurs.

Ce lieu aujourd’hui et cette cérémonie sont les symboles du projet qui est le nôtre : transporter toutes les synergies sur un site unique, Paris-Saclay, pour que celui-ci devienne, comme l’a le Président de la République française, Emmanuel Macron, ici-même, le 25 octobre 2017 : « un cœur battant de la recherche française » dont vous, docteurs, serez les veines et les artères. Le savoir menant aux réponses des défis contemporains puise sa source ici.

e salue ici notamment le travail de Gilles Bloch, Président de l’Université Paris-Saclay, Sylvie Retailleau, Présidente de l’Universite Paris Sud, et Sylvie Pommier Directrice du collège doctorale de l’Université Paris-Saclay qui ont su porter haut et fort les couleurs de ce projet.

Car si aujourd’hui, notre ambition est si grande, c’est que nous regardons en face la réalité. Nous sommes convaincus, que vous, Présidents, Directeurs, responsables, chercheurs, docteurs et mêmes étudiants de l’université Paris-Saclay saurez en faire un paysage qui offrira l’attractivité et l’excellence nécessaires à l’exigence qu’implique la réussite de la mise en place de Paris-Saclay.

J’en viens maintenant à la finalité de mon propos que j’illustrerai par cette citation d’Albert Einstein : « la vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ». Vous avez fait le choix de continuer à avancer, vous les funambules qui, pendant trois ans avez décidé de pédaler sans relâche pour réaliser un travail original qui fait avancer la science. Nous savons sur ce Plateau qu’il y a autour de nous des vallées, entre lesquelles il faut pédaler dur pour avancer. Je ne peux que vous féliciter pour ce choix fort d’un chemin sinueux durant lequel épanouissement a parfois rimé avec solitude et recherche avec désarroi mais qui vous aura mené ici, lieu de la consécration d’un travail acharné.

Passer de l’abstraction d’un parcours universitaire à la conception lors de son doctorat n’est pas chose aisée. Mais si vous êtes là, aujourd’hui, c’est que vous avez franchi cette frontière avec brio. Si la recherche est une des clés de l’attractivité et du rayonnement français, vous en êtes les principaux acteurs.

Soyez sûrs que nous sommes conscients des épreuves que vous avez surmontées, des sacrifices que vous avez consentis et de l’abnégation dont vous avez fait preuve, ainsi que de la gentillesse et soutien que vos familles et amis vous ont apportés ces dernières années. C’est pourquoi vous êtes si précieux à nos yeux et que nous voulons à tout prix valoriser votre parcours ainsi que votre diplôme à une plus grande échelle, que celle de la seule recherche bien que déjà très vaste.

Tout comme celle-ci peut l’être, notre besoin en docteurs est fondamental. En effet, les compétences que vous avez acquises lors de votre doctorat assurent une grande valeur ajoutée pour les laboratoires, et pour les entreprises que vous rejoindrez, pour les startups que vous créerez ou encore dans la fonction publique que vous servirez. Je vous encourage à être les pionniers de la rupture du clivage que nous souhaitons amorcer entre recherche fondamentale, recherche appliquée et innovation.

Enfin, j’aimerais terminer par un hommage à Stephen Hawking qui nous a quitté en mars dernier. Celui-ci disait : « ce qui apparait maintenant comme le paradoxe de la théorie quantique sera tout juste du bon sens aux yeux des enfants de nos enfants ». Bien entendu, je ne me risquerai pas ici, devant vous, à débattre de la dualité onde-particule, bien que je serais ravie d’entendre vos expertises sur le sujet. Sortant d’une visite à l’ONERA à quelques kilomètres d’ici, je viens déjà de beaucoup apprendre.

Le message que je souhaite vous transmettre est tout autre. Vous, jeunes docteurs, représentants d’une génération, tout comme la mienne, celle de vos parents avant vous ou de vos enfants après vous, avez une responsabilité : nous avons la responsabilité de nous engager pour préparer le monde de demain, pour servir la société que nous laisserons à nos enfants. Il nous faut penser sur des horizons de temps long car le monde n’est pas figé et les vérités d’aujourd’hui ne seront pas forcément celles de demain. C’est à nous et vous de construire nos propres vérités, celles d’un monde qui aura réussi sa transition climatique, qui aura soigné les maladies les plus mortelles et créer une prospérité partagée.

Quelle que soit la voie que vous choisissez, notre combat est aussi le vôtre, travailler pour que notre connaissance commune permette aux enfants de nos enfants de voir le fruit de nos travaux comme du bon sens. Ce combat est celui de notre engagement pour soutenir le savoir et le progrès, partout et pour tous.

Alors merci pour vos efforts. Engagez vous !