Hier soir, comme vous tous, j’ai été choquée de voir que quelques minutes d’un discours du Président Trump pouvaient mettre en péril le travail réalisé sur plusieurs décennies par des milliers de scientifiques, des millions de citoyens et près de 200 chefs d’État signataires à Paris de l’accord historique qui a conclu la COP21.

 

J’ai eu la chance de prendre part, à mon échelle, au mouvement très puissant que la COP21 a créé pour que les grandes entreprises et les investisseurs financiers abordent désormais l’enjeu climatique comme un sujet stratégique et non plus seulement de réputation ou de philanthropie.

 

J’ai été une contributrice active du groupe de travail du G20 présidé par Michael Bloomberg pour réfléchir au rôle que peuvent jouer les entreprises dans la lutte contre le changement climatique (TCFD, Task Force on Climate-related Disclosure). Dans la foulée, j’ai participé au lancement du groupe d’experts de haut-niveau de la Commission Européenne sur la Finance durable, qui cherche à revoir la régulation financière européenne pour l’aligner avec les besoins de financement liés à la transition climatique.

Grâce à ces projets, au-delà des avancées techniques et politiques réalisées, j’ai rencontré et échangé avec des personnes formidables dans leur engagement politique et scientifique pour notre planète et les générations futures : Jean Jouzel, Pascal Canfin, Christian Gollier parmi tant d’autres.

 

Ces projets m’ont amenée à participer à de très nombreuses conférences, et à porter haut et fort le besoin pour les entreprises de se projeter à long-terme dans un monde à réinventer, avec de nouveaux modes de production, de consommation et d’investissement.

L’Article 2 de l’Accord de Paris comporte une petite phrase dont Laurence Tubiana est très fière : « La cohérence de l’ensemble des flux financiers mondiaux avec les trajectoires de réduction des émissions et d’adaptation au changement climatique est hissée au rang des objectifs majeurs de l’accord ». C’est une phrase révolutionnaire car elle donne une responsabilité à la finance, qui s’est longtemps vécue comme un agent neutre ou passif du monde qui l’entoure.

 

Cette phrase a guidé une grande partie de ma vie professionnelle au cours des dernières années, et cet engagement professionnel est devenu en soi un motif d’engagement dans le débat public.

 

Hier soir, en écoutant notre Président répondre avec force et une telle conviction aux mots de M. Trump, je me suis dit que mon travail n’avait pas été vain, et que le courage et l’audace sur dont nous avons fait preuve lors de la COP21 restaient entiers. Soyez assurés que mon engagement en faveur du climat, pour que la transition climatique demeure un objectif majeur pour les 5 ans qui viennent – en France, Europe et au-delà – sera total.